Sur les sentiers du Monde

Le tour Nord Ouest du Vietnam

Nous sommes dans la cabine très chouette d’un gros bateau et nous allons passer la nuit au milieu d’une baie entourés de pitons rocheux magnifiques qui jaillissent hors de l’eau. Comme on n’a pas trop de chances en ce moment niveau météo, un orage semble pointer le bout de son nez et on a déjà eu droit à un avant goût d’une drache sur le bateau : la porte de la salle commune est cassée et ma partie du lit est trempée (quelle idée de vouloir aérer). C’est de là que nous vous envoyons nos dernières nouvelles.

C’est vrai que depuis quelques temps, nous n’en donnons pas beaucoup. La première semaine à Hanoi a été assez calme pour cause de typhon et de boutons. Puis nous sommes partis faire un tour du nord ouest du Vietnam, tous les deux avec nos petits sacs à dos.

[sstitre]Première étape : Mai Chau[/sstitre]
Je vous passe comment on s’est fait arnaquer dans les bus pour y aller. Mai Chau est une petite ville à touristes à 2h de Hanoi. Soit disant village typique où on peut dormir chez l’habitant. En vrai, un regroupement de maisons d’hôtes et des hôteliers déguisés en gens typiques et qui vendent tout plein d’artisanat. La ville n’a aucun intérêt mais le décor est très joli, avec des rizières entourées de montagnes. Nous voulons faire un trek jusqu’à un village à 18 km de là et cherchons un guide. Notre logeuse se propose et nous la regardons, dubitatifs…. Une petite bonne femme, plus toute jeune, et plutôt toute maigre…. Bon, ok on tente le coup!

Le lendemain, réveil à 5h30. Notre guide ne se réveille pas et il pleut des cordes…. Ça commence bien! Finalement, drapés dans nos gore-tex, north face et quechua, chaussés de nos chaussures de marches à 150 €, et portant nos sacs à dos ergonomiques, nous partons avec notre bonne femme, en chapeau pointu, jupette, et tongs! Nous marchons d’un bon pas pendant 3 heures, puis vient le temps d’attaquer la montée. L’efficacité vietnamienne, qui d’habitude n’existe pas, est fracassante : le chemin, ou plutôt le sentier pas entretenu d’argile glissant et boueux, part à pic à l’assaut de la montagne. En 10 minutes, je suis cuite! Et notre bonne femme, avec ses tongs, gambade tranquillement et se marre de nous avec tous les gens qu’on croise. Après une pause, dans un espèce de refuge, où notre guide nous cueille des fruits dans un arbre pour nous requinquer, nous reprenons sans hâte notre ascension. Il fait super chaud, il fait aussi plus de 80% d’humidité, nous dégoulinons tant et plus. Pour la première fois de ma vie, je sens les gouttes de sueur glisser sur mon visage et tomber de mon nez et de mon menton. Thomas ruisselle littéralement. Après une grosse heure de montée, on arrive enfin en haut. Il ne reste plus qu’un heure de plat. Tout va mieux. Notre guide nous offre le repas dans un espèce de village abandonné : riz et pâté présentés dans une feuille trouvée dans le coin. Le pâté nous semble délicieux et nous rappelle le « mauvais» pâté français (niveau bouffe, le retour va être bon 🙂 ). Nous finissons par arriver à Xa Linh et 5 minutes après, il se fait à flotter bien comme il faut. De là nous prenons le bus pour Moc Chau où nous passons la nuit.

[sstitre]Deuxième étape : Dien Bien Phu[/sstitre]
Déjà on dit Dien Bien ici, le Phu a été rajouté par les Français mais désigne en fait la province du même nom. C’est assez long pour y aller. La ville nous déçoit un peu, il n’y a pas grand chose. Nous allons au musée historique de la ville. C’est assez bizarre de voir un musée où c’est nous les méchants. Mais les Vietnamiens n’ont pas l’air rancuniers. Nous tombons en entrant dans le musée sur un groupe de militaires qui le visitent eux aussi. Nous devenons aussitôt l’attraction beaucoup plus intéressante que les photos et explications. Tous nous sourient, nous disent « hello», nous serrent la main, nous regardent « discrètement». Il y en a même un qui nous demande de faire une photo avec lui et tout le monde s’y met, jusqu’à ce qu’un des officiers (beaucoup moins fun) vienne les rappeler à l’ordre. C’est bon la réconciliation est bien effective!

[sstitre]Troisième étape : Lai Chau[/sstitre]
Lai Chau, c’est tout un poème! La ville a changé de nom et nous l’avions vaguement lu sur internet mais n’avions pas trop de détail sur le sujet. Lai Chau est devenu Muang Lay et une autre ville, Tam Duong, a pris le nom de Lai Chau. Nous voulions aller à l’ancien Lai Chau qui apparemment est un point de départ de plusieurs treks plutôt sympa. Vous imaginez la suite… Nous prenons un billet à destination de Lai Chau et partons pour 7h de bus dans un décor époustouflant et poussiéreux. Le bus suit une rivière et nous traversons une région complètement sinistrée par les glissements de terrain. Il faut dire que ce coté là de la vallée a été défriché sauvagement. Nous traversons des villages dévastés dans lesquels les villageois cassent ce qu’il reste de leurs maisons… C’est très impressionnant. Nous sommes régulièrement bloqués par des travaux sur la route. Très flippant de voir les rochers tombés de la montagne, ou les pans de routes détachés, 1 mètre en dessous du niveau de la route. Le problème c’est que le guide dit 3h pour aller de DBP à Lai Chau et nous commençons à nous poser des questions. Ça devient vite évident : nous ne savons pas où nous allons atterrir! Finalement, c’est une ville moche et sans intérêt et c’est bien le nouveau Lai Chau, c’est-à-dire l’ancien Tam Duong.

[sstitre]Quatrième étape: Sapa[/sstitre]
Heureusement le trajet fait la veille nous rapproche de notre but et nous voilà à Sapa en moins de 3 heures. L’arrivée est violente. Cette ville est très touristique et pour nous qui n’avons pas croisé une seule personne parlant anglais depuis 4 jours, le nombre d’occidentaux nous fait mal aux yeux. Nous sommes, en revanche, ravis de pouvoir manger un bon cheeseburger (les pours et contres du tourisme!). La ville est plantée dans un très joli décor, nichée au creux de superbes montagnes parsemées de rizières jaunes à cette période de l’année. Mais elle n’est pas attirante en elle-même et les habitants sont des arnaqueurs à touristes bien rodés. Nous voulons donc partir le lendemain pour trekker au milieu des villages typiques de la région. Et devinez quoi?! Le lendemain, il pleut des cordes et il fait tout gris…. Notre « trek dans les villages voisins» tombe à l’eau. Le sur-lendemain, le temps est le même. Nous allons au village d’à côté : Cat Cat, qui est à pleurer. Le « cultural village» contient 10 maisons qui vendent de l’artisanant. Bref, c’est nul.

Nous repartons le soir même à Hanoi en bus de nuit. La nuit est dure et les sièges aussi, on a dû perdre l’habitude!

2 commentaires sur le post “Le tour Nord Ouest du Vietnam

  1. edith le a dit:

    Je croyais que vous aviez choisi vos étapes en fonction de la saison et de la météo!!!! 🙂 courage! Edith

  2. Laurent le a dit:

    Le coup de la ville qui change de nom j’ai déjà vécu ça (ça se fait pas mal en Inde), mais que le nom soit récupéré par une autre, jamais…

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