Sur les sentiers du Monde

La Thaïlande

L’arrivée

Le mois passé au Laos a placé la barre très haut en terme de paysages, d’aventures et d’authenticité. Quand nous traversons le Mékong en Pirogue pour passer en Thaïlande, nous sommes pleins d’espoirs pour la suite. Nous avons croisés quelques personnes dernièrement qui nous ont pas mal chauffés pour ce pays. Notre embarcation nous débarque à Chiang Kong. Tout de suite, le ton est donné: c’est « Retour vers le futur ». Tout est plus avancé technologiquement: les voitures, les distributeurs de billets partout, les seven eleven (genre de 8 à 8), les bus modernes, les pylônes électriques géants. Nous avons presque l’impression dêtre revenus à la maison. La seule chose qui nous fait douter, ce sont ces dessins bizarres partout (la langue Thai), et ces temples bouddhistes que l’on voit à chaque coin de rue.

Chiang Rai

Plus de deux heures de bus après Chiang Kong, et nous voilà à Chiang Rai. Un petit tour en tuk tuk nous permet de constater que la première guesthouse que nous visitons est complète. Voilà, ça devait arriver, nous sommes au début de la saison touristique. Cela devait bien arriver un jour. Jusqu’ici, nous avions eu la chance de faire quasiment tous les pays hors saison, mais là, ça part plutôt mal on dirait. nous suivons alors les conseils du pilote du Tuk Tuk, et nous nous rendons à une seconde auberge. Il y a de la place, ce n’est pas cher, alors nous prenons une chambre sans trop hésiter. Après un moment passé à nos reposer et manger un morceau, nous réalisons que la quasi totalité des clients ici sont français. La réponse à « qu’est ce qu’ils font tous là ? » est trouvée rapidement. Ils ont tous le guide du routard, et cet hotel est dans ce livre, donc, ils viennent tous là. Nous passons l’après-midi à nous reposer ici, et nous sympathisons avec deux couples (français) qui démarrent un tour de six mois en Asie du sud est, mais on croise aussi des touristes qui nous conseillent un hôtel à Pukhet (une des villes les plus touristiques de la planète) avec une grande piscine, tout ça pour pas cher (3 fois notre budget journalier). Vous l’aurez compris, dans ce pays, on croise des voyageurs et des vacanciers, ça nous change des derniers mois.

Les trois journée qui suivent sont consacrées à la visite des alentours de Chiang Mai. Pour cela, nous reprenons les bonnes habitudes que nous avions prises au Laos, et louons une moto. Le premier jour, nous visitons le magnifique temple blanc et une cascade assez jolie, le deuxième jour, nous montons jusqu’au triangle d’or, mais c’est globalement une grosse déception. A part un grand bouddha de 10 mètres de haut, il n’y a que des boutiques de souvenirs, et le paysage est plutôt moche. Le troisième et dernier jour, nous nous baladons dans la campagne, alternant routes et pistes a travers des villages d’autochtones, nous attendant derrière le comptoir de leur boutique de souvenirs. Bref, c’est quelques journées étaient sympa, mais ne seront pas présentes dans nos mémoires très longtemps.

Chiang Mai

Un après-midi de bus, et nous voilà à Chiang Rai. La plus grande ville du nord de la Thailande. En fait, la partie intéressante se situe en grande partie à l’intérieur des remparts. Allez pas vous imaginer Carcassonne, il s’agit plus d’un mur délabré, voire absent par endroits que de vraies fortifications, et l’intérieur de la « vieille ville » n’a rien d’antique. On tourne un peu pour trouver une guesthouse pas trop cher où il y a de la place. Une fois installés, on se balade un peu vers le sunday market, mais le coeur n’y est pas. On se demande vraiment ce qu’on fout là au milieu de ces milliers de touristes. Nous décidons de bouger le lendemain matin.

Paï

Encore un après-midi de bus, et nous voilà dans les rues de Paï, petite ville au nord ouest de Chiang Mai. Le Lonely Planet de la Thaïlande (que nous commençons à trouver très nul), dit que c’est un village charmant au milieu d’un superbe décor…Mouais, on est encore dans des rues blindées de touristes, le village n’a rien de spécial, et le décor des alentours est constitué de collines quelconques. On se cale quand même dans un bungalow pas trop cher, et on loue une moto pour quelques jours. Nous visitons les quelques spots à voir pas loin de la ville: des villages d’autochtones très peu authentiques, de petites cascades sympa mais sans plus, de temples quelconques, etc….

A dos d’éléphant

La seule journée mémorable que nous ayons vécue est celle où nous avons fait un tour en éléphant. Nous avons déjà fait un tour à dos d’éléphant au Laos, alors pourquoi en refaire un ici ? Parce que nous avons croisé un couple de français (ils sont partout dans ce pays) qui nous a conseillé de le faire. On se balade alors au milieu des boites qui emmènent les pachydermes montés par les touristes. C’est super sympa de jouer avec eux en leur donnant des bananes à manger. Nous choisissons la boîte la plus éloignées de la ville, et aussi qui nous fait le meilleur prix après négociations. Nous montons alors sur le dos de ce mastodonte, et nous voilà partis pour une heure de balade. Au bout de quelques minutes, le cornac (le pilote) descend, et laisse AnneK assise sur la tête avec ses jambes derrière les grandes oreilles de Dumbo. Nous traversons d’abord une zone un peu chaotique en suivant une petite piste. On passe plus de temps à éviter ou repousser les branches des arbres qu’autre chose, mais c’est plutôt marrant et beaucoup moins aseptisé que la balade que nous avions faite au Laos.

Un peu plus tard, nous descendons dans une rivière, et remontons le courant. Notre cornac est super sympa, et même s’il y a la barrière de la langue, nous arrivons quand même à communiquer un peu. Quelques centaines de mètres plus loin, l’éléphant s’arrête, nous nous mettons en maillot de bain, et là, il s’assied dans l’eau, et nous y glissons. Nous jouons à monter sur lui, et lui nous fait tomber à l’eau. Nous tentons un petit rodéo sur son dos. C’est AnneK qui tient le plus longtemps, mais quand le monstre se remet debout, ça devient tellement haut qu’elle lâche prise et retombe à l’eau. Après un moment à s’amuser comme ça, nous reprenons la route du centre, et finissons notre balade.

La région de Soppong

Le jour suivant, nous prenons la moto, et roulons pendant une heure et demie en direction du nord ouest. Après ça, nous arrivons vers Soppong, village à proximité de la frontière birmane, et tournons dans la direction des grottes de Lod. Nous ne pouvons nous permettre l’entrée des grottes (le prix d’un budget journée), mais nous récupérons un plan du coin au Cave Lodge, un hôtel situé non loin de là, et nous vadrouillons pendant toute la journée, alternant petites randonnées sympa dans la campagne sauvage, et balades dans d’authentiques villages d’autochtones (enfin !!!). Mais la journée est courte sous ces latitudes (il fait toujours nuit à 18 heures), et vers 15h30, on commence à prendre le chemin du retour. En tout cas, cette journée aura été bien chargée et vraiment sympathique. C’est la première fois que ça nous arrive depuis le début de notre séjour en Thaïlande.

Retour à Chiang Mai

Nous redescendons ensuite vers Chiang Maï. Mais, nous confirmons, ça ne nous plaît pas plus que la première fois. Nous logeons dans une guesthouse que nous devons quitter le lendemain, parce que j’ai à nouveau de multiples éruptions sur presque tout le corps. Pourtant les draps ont l’air nickel. Il s’agit peut être d’une allergie à une lessive ou un truc comme ça. Quoi qu’il en soit, nous passons la dernière nuit dans un hébergement un peu plus cher, pour que je puisse récupérer un peu. A côté de ça, cette ville continue de nous décevoir. C’est vraiment une fosse à touristes sans vraiment d’âme, mais plus que ça, c’est le pays qui ne nous plaît pas. Plus ça va, et moins on en fait. Moins on en fait, et moins on a envie d’en faire. Cela ressemble un peu à une mini-dépression. Plus que jamais, nous pensons au retour, à la famille et aux amis qui nous manquent, à la bouffe que l’on va retrouver et à comment vont s’organiser les premières semaines en France.

Au vu du mental en baisse plutôt préoccupante, nous décidons d’avancer les dates de nos vols pour le Népal. J’arrive à avoir mon père sur Skype, et heureusement, il arrive à nous changer les réservations, car il reste encore de la place aux dates qui nous intéressent. Puisqu’on s’embête ici, alors autant partir la semaine prochaine. En attendant, nous descendons vers Sukhothai.

Sukhothai

Nous arrivons un dimanche à Sukhothai. L’endroit est noir de monde: tous des touristes Thaïs. Une grande foule se rassemble dans un espèce de pré. Cette foule acclame le roi qui n’est pas là… Allez comprendre, nous, on a pas compris. A 18h, comme c’est l’usage tous les jours, tout le monde s’immobilise pour montrer son respect envers sa Majesté. Ensuite la foule s’éparpille, et nous visitons ces ruines tranquillement.

Le lendemain, nous élargissons un peu le champ de nos visites de ruines en louant un vélo. Nous visitons quelques ruines sans trop d’intérêt à nos yeux. Seul le bouddha géant est vraiment impressionnant. En grand filous que nous sommes, nous arrivons à tout visiter sans payer le moindre droit d’entrée. Faut dire que ça nous aurait coûté 8 euros chacun de visiter tout ça, et nous aurions massacré notre budget.

La migration vers Khao Yai

Nous partons le matin tôt en direction de Bangkok. A l’origine, il était prévu que nous devions faire notre visa pour l’Inde là bas. Et c’est de ce qui nous dérangeait au niveau du départ. Or, nous avons appris hier que c’est tout à fait possible de le faire depuis Kathmandou, au Népal. Donc nous n’avons rien de spécial à faire dans la capitale thaïlandaise et nous décidons à l’arrivée de prendre un autre bus dans la direction du parc national de Khao Yai, un endroit dont plusieurs personnes nous ont parlé en très bien.

Nous arrivons à la nuit tombée à Pak Chong, petite ville située à proximité du parc. Une dame qui vend des rouleaux de printemps dans la rue nous indique un hôtel pas cher, que nous mettons un moment à trouver. Heureusement, les gens que nous croisons dans la rue, nous voyant un peu perdus, cherchent tous à nous aider, et cela nous facilite grandement la tâche. Après le bus et la recherche d’hôtel, nous sommes bien claqués, et nous sombrons rapidement.

Le parc national de Khao Yai

Quand on veut aller dans ce parc, il est difficile d’obtenir des informations, car tout le monde veut vous vendre des tours organisés, et surtout hors de prix (enfin pour nous). Nous voulons au début louer un scooter pour nous rendre là bas, mais le prix de la location correspond à trois fois le prix habituel. On trouve finalement un bus local qui nous emmène à l’éntrée pour pas trop cher, mais c’est quand même un prix spécial pour les gringos que nous sommes.

L’entrée du parc coûte huit euros par personne et par entrée. Ce qui signifie que si nous entrons maintenant et ressortons ce soir, nous devrons payer de nouveau demain. Donc, complètement abattus, nous faisons demi tour. Mais plutôt que de prendre le bus, nous tentons le stop. Et là, miracle, la première voiture nous prend, et nous dépose à Pak Chong, devant notre hôtel, 30 km plus loin. Avec AnneK on se regarde et on se dit que si c’est si facile de faire du stop, alors autant faire un gros sac à dos avec de quoi passer la nuit dans le parc, et on y retourne en stop de suite.

C’est ce qu’on fait et une heure et demie plus tard, nous revoilà de nouveau devant l’entrée du parc. Nous payons nos billets et faisons quelques pas sur la route. En effet, le visitor center est à 14 km de l’entrée du parc, et c’est de là que partent la plupart des randonnées. Quand on vous dit que tout est fait pour prendre un tour. Mais comme le stop semble être une coutume répandue dans ce pays, nous ne faisons pas 100 mètres qu’un type dans sa voiture nous propose de lui même de nous emmener. Génial ! 15 minutes plus tard, nous sommes au centre, et nous nous renseignons sur les diverses randos à faire dans le parc. Nous prenons en photo les descriptifs et prenons une carte sommaire des lieux, disponible gratuitement.

Ce jour là, nous attaquons notre première randonnée pendant laquelle nous avons quelques sueurs froides, mais tout se termine bien (Pour lire l’aventure «Lost in the Jungle», cliquez ici).

Le soir, nous nous faisons déposer en stop dans un camping à l’intérieur du parc. Nous y louons une tente. Dans la soirée, deux animaux traversent le camping sans se préoccuper de nous: une biche et un énorme porc-épic. Après une nuit difficile, nous repartons le lendemain pour une nouvelle randonnée avec Ada, une espagnole qui voyage seule. Nous marchons toute la journée sans avoir de gros problèmes d’itinéraire, croisons quelques cascades dont celle que l’on voit dans le film « La Plage », et n’apercevons que très peu d’animaux sauvages: deux serpents quelques timides oiseaux. Il faut dire que nous sommes en saison froide (il fait quand même 25 à 30°C), et en ce moment, les animaux sortent moins qu’en saison chaude ou humide.

Bangkok

Nous prenons le train le lendemain matin pour Bangkok. Le prix est on ne peut plus compétitif (1,5 euros pour deux et pour 5 heures de train), mais nous sommes assis sur des sièges en bois. Bon après le voyage passe vite, et c’est plutôt marrant d’être en classe économique au milieu de tous les thaïs.

Arrivés à la gare de Bangkok, nous marchons une petite demie heure jusqu’à un hôtel pas cher indiqué dans le Lonely Planet. On s’installe, on ressort pour manger un morceau, et on ne fait pas grand chose de l’après-midi. Dans la soirée, nous bougeons vers Patpong, un quartier hyper touristique avec son marché de nuit, des sex clubs à volonté et des rangées de prostituées à l’entrée des « salons de massages ». Exceptionnellement, on se fait un Mc Do (le premier fast food depuis les USA), histoire de goûter un « bon » steak pas trop cramé. Dans la rue, il y a presque plus de touristes blancs et d’expats que de thaïlandais. On se demande un peu ce qu’on fait là d’ailleurs.

Le dernier jour avant notre départ, nous ne faisons pas grand chose. On a un peu la flemme d’aller visiter les musées, palais et temples de Bangkok, donc on va se faire un ciné (le premier depuis le Pérou). Nous allons voir 2012 en VO sous titré thaïlandais. Les pubs sont extraordinaires de débilité et juste avant le film, nous devons tous nous lever une minute devant des images du roi et de sa famille pour montrer notre respect. En même temps, si j’ai bien compris, on a tout intérêt à le faire. Le film en lui même n’est pas exceptionnel, mais ça nous permet de prendre une claque audiovisuelle, et bon dieu que ça fait du bien.

Vers le Népal

Le dernier jour en Thaïlande est arrivé, et nous partons de très bonne heure à l’aéroport pour Hong Kong où nous restons toute la journée avant de prendre notre vol du soir vers le Népal, pays dont tout le monde depuis 10 mois nous a dit que c’était génial. Voilà qui va nous changer.

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