Sur les sentiers du Monde

Indonésie – Java

[sstitre]Jakarta[/sstitre]
Après 7 heures d’avion à commander des bières et regarder des films, nous nous posons à Jakarta à 18h30. Les formalités commencent alors. Nous avons dû remplir 3 papiers dans l’avion (formulaire d’arrivée et de départ, de douane et de santé). On nous avait prévenu à l’embarquement que les Indonésiens ne plaisantaient pas avec le visa de 30 jours et qu’il fallait qu’on présente notre billet de départ du territoire indonésien sur papier et sous aucune autre forme. Évidemment nous ne l’avions que sous format électronique, nous avons donc dû l’imprimer, ce qui a juste été galère… Nous allons donc chercher notre visa avec tous nos papiers, en priant que ça marche. On tombe sur un mec qui commence par comprendre « forty» quand on lui dit « thirty» (ok, niveau accent ça va être marrant) et qui est mort de rire quand on lui dit en indonésien. Il nous conseille de faire notre lune de miel à Bali. Ok, on en est pas encore là! Bon, le visa c’est gagné! On passe au tampon puis à la douane. Pas de problème non plus, on récolte plutôt des sourires! Le problème c’est plutôt de trouver comment on va en ville. Là encore, on tombe sur un office de tourisme qui invite les gens à s’assoir sur le canapé et explique tout…. Génial! Il nous accompagne même au taxi.

Pendant le trajet, la pression monte un peu. Ça y est, c’est bel et bien fini les vacances États-Unis – Nouvelle Zélande. Fini la langue qu’on maîtrise, les températures supportables, la nourriture connue, le confort des hôtels et des transports, les petit-dej au nutella, et bonjour la chaleur moite, les yeux bridés, les menus incompréhensibles, la sueur, les douches froides au-dessus des toilettes, l’eau imbuvable, les mœurs inconnues, voire choquantes parfois, le réveil à 4h30 du matin pour la prière hurlée par tous les hauts-parleurs de la ville; le changement est extrême.

Le taxi nous dépose au début d’une rue fermée aux voitures. Ça y est, c’est le moment de sortir dans la foule et d’affronter tout ça. Nous chargeons les sacs et entrons dans cette rue blindée de monde. A gauche, il y a une scène et un concert, les gens sont massés devant, regardent, parlent, rient, nous traversons. Il y a des gens partout, surtout des locaux. Il y a plein de petits stands à même le sol (il s’agit en fait d’une serviette sur le trottoir) qui vendent des babioles, des souvenirs, des lampes, des tissus, des gens qui vendent de la nourriture, accroupis (les pieds à plat!) entre leur deux popotes reliées par un bâton (pour les porter sur les épaules, une popote de chaque côté), des petites cantines avec des rangées de banc devant des tables, des enfants qui courent dans tous les sens, des ordures par terre, des motos à louer, des gens partout, accroupis, qui fument une clope et attendent ou discutent, qui nous lancent des « hello» et des grands sourires, quelques blancs perdus là au milieu, un autre petit concert sur une scène improvisée de quelques jeunes morts de rire, qui chantent trop mal. On passe là dedans, sac devant, sac derrière, les yeux écarquillés et le sourire béat. Ça fourmille de partout, ça sent le barbecue, et surtout, ça vie! Ça rit, ça parle, ça bouge! Quel plaisir de vivre ça!!

Nous faisons tous les hôtels de la rue et prenons la dernière chambre du dernier hôtel. Nous repartons faire un tour, tchatchons avec un Indonésien devant l’hôtel 10 minutes (en anglais car notre indonésien reste plus que léger encore mais nous apprenons, nous apprenons!). Les gens sont adorables, souriants, c’est bon, l’appréhension est retombée! En plus, c’est pas cher. On adore déjà!!

Nous passons deux journées à Jakarta. La première journée, nous décidons de partir en excursion improvisée dans le quartier de Kota. En nous rendant à la gare qui y va, nous croisons un Indo qui semble parler français. Nous sympathisons avec lui, et il nous emmène dans le train, puis dans le centre où il devait se rendre de toute façon. Dans le wagon, il n’y a qu’une poignée de personnes, et au bout d’un moment, nous arrivons en gare de Kota. En sortant de ce train, nous découvrons une gare où des centaines de personnes sont assises par terre. Ça ressemble pas mal à des photos de gare indiennes que nous avions pu voir. En sortant du bâtiment, nous avons une image apocalyptique d’un bouchon. Une avenue de au moins sept voies de large est complètement embouteillée par des tuk tuk. Pour rejoindre le vieux centre, il nous faut traverser à l’arrache ce fleuve de véhicules. Nous flânons ensuite dans ce quartier étonnant où les gens nous disent tous « hello» avec enthousiasme.
Vers 17h, nous nous rapprochons de la gare pour rentrer « à la maison». En arrivant dans la gare, nous faisons la queue pour acheter nos tickets, mais tout le monde nous passe devant. Au bout d’un moment, nous arrivons tout de même à acheter les précieux sésames et nous voilà sur le quai. Le petit problème, c’est que le train que nous sommes sensés prendre déborde littéralement de passagers. Certains se sont même installés sur le toit, et ceux qui restent dans l’encadrement des portes, qui ne ferment jamais, posent les mains au dessus pour ne pas tomber du wagon. Nous comprenons donc assez vite que nous ne pourrons pas monter dans celui là, et que nous devrons attendre le prochain. Quelques instants plus tard, un vendeur de boissons à la sauvette, nous dit de monter dans le train sur le quai en face. Ce dernier va au même endroit, mais est un train de première classe, ce qui ne correspond pas aux billets que nous avons acheté. En espérant ne pas nous faire attraper par les contrôleurs, nous montons quand même dans le wagon et nous rentrons sans encombres dans notre quartier.

Le lendemain, nous consacrons notre journée à visiter deux musées et une obélisque dans laquelle on peut monter. Cette seconde journée et tout de même beaucoup moins forte en émotions que la précédente.

[sstitre]Cianjur[/sstitre]
Après avoir quitté Jakarta, nous voilà dans le terminal des bus de Cianjur. Nous avons lu dans notre guide de l’Asie du Sud-est qu’il s’agit d’un endroit sympa à proximité d’un petit village de pêcheur nommé Jangari. Nous marchons une centaine de mètres et nous voilà sur une petite place où nous mangeons un Nasi Goreng délicieux (riz frit). Pendant le déjeuner, un type très sympa nous parle, puis fait des photos avec nous. On se regarde en se disant que c’est sans doute une coutume dans le pays. Après déjeuner, nous nous installons dans un petit hôtel à proximité. Une heure plus tard, nous revenons sur la place, et nous recroisons notre pote qui nous présente des amis à lui et nous offre des photos de nous qu’il avait fait avant. Il nous offre ensuite un petit paquet de Pisang Goreng (bananes frites), ce qui est adorable. Après une nouvelle séance photo, nous nous baladons dans les rues alentours. Tous les gens nous regardent avec de grand sourires et nous disent « hello» ou « Selamat Sore». Pour remercier notre pote, nous cherchons une bière à lui offrir, mais dans ce quartier, cela nous a semblé difficile.

La nuit tombe, et nous revoilà au point de départ. Notre pote nous emmène à la cahute qui fait office de poste de sécurité au centre de la place. Là, nous prenons un apéro non alcoolisé, et nous réalisons que tout le monde est musulman par ici et que par la force des choses, c’est forcément difficile de trouver de l’alcool par ici puisque personne n’en boit. Petit à petit, de plus en plus de personnes peuplent le lieu, désireux de connaître les blancs qui font l’actualité du quartier (nous, pour ceux qui n’auraient pas compris). A chaque fois qu’une nouvelle personne arrive, elle veut être prise en photo avec nous deux, puis juste avec AnneK, normal, c’est un peu la star de la soirée.

Nous passons une excellente soirée où nous écoutons les gens jouer de la guitare et de l’harmonica, nous dansons avec eux, et nous apprenons quelques mots d’indonésien. A un moment, tout le monde part pour prier, puisque c’est le coucher du soleil, et nous revoyons nos amis revenir quelques minutes plus tard avec tout l’accoutrement du musulman qui vient de prier. Personne ne boit, mais tout le monde fume des cigarettes ayant un goût fruité (nous achèterons un paquet de ces cigarettes le lendemain).

A la fin de la soirée, notre pote nous amène une impression d’une des photos qu’il a prise de nous et de quelques gens du quartier et écrit un petit mot pour nous au dos. Nous sommes évidemment très touchés par cette attention et nous prenons congé au moment où la fatigue se fait sentir. Nous avons passé un soirée événement dans notre tour du monde, puisque c’est une des premières fois où nous avons vraiment été accueillis par des autochtones et où nous avons un peu appris à les connaître.

Le lendemain, comme nos avons planifié de visiter Jangari, le petit village flottant, situé à 15km de Cianjur, nous nous employons à chercher un bus qui nous y emmène. Après avoir discuté avec quelques chauffeurs, nous ne comprenons toujours rien. Un de nos potes avec qui nous avons passé la soirée de la veille s’en vient et nous explique qu’il faut prendre trois bus pour arriver à ce village. Nous voyant un peu désemparés, il décide de nous aider, nous accompagne dans les deux premiers bus et nous met dans le troisième. Au passage, nous remarquons que Cianjur n’est pas un village comme nous l’avions pensé au départ, mais une grande ville de 150 000 habitants. Nous remercions chaleureusement notre ami pour son aide, puisqu’il vient de perdre une partie de sa matinée à nous aider, sans aucune contrepartie, et en plus il nous donne son numéro de portable au cas où nous nous perdrions au retour.

Après quelques dizaines de minutes du dernier bus, nous voilà dans le village de Jangari où nous nous baladons. Nous faisons une pause déjeuner dans un restaurant à poissons. Le genre de resto où on choisit nous même les poissons à faire cuire et où on les mange à même le sol (dans une assiette quand même), assis en tailleur, ou en lotus pour ceux qui maîtrisent. Après ce petit intermède, nous décidons de revenir sur Cianjur. Nous montons dans le premier bus, et un moment plus tard, lorsque nous arrivons au terminus, nous réalisons que nous allons avoir du mal à revenir à notre point de départ, puisque nous n’avons aucune idée de où ça se trouve. Heureusement, nous avons une photo de la place où nous avons passé la soirée de la veille sur nous. Le chauffeur reconnaît la photo, ferme les portes du bus, et s’improvise en taxi pour l’occasion. Il traverse la ville pour nous ramener ce qui lui prend une bonne demie heure. Quelle chance de tomber sur des gens aussi sympa. Nous avons maintenant l’impression que dans ce pays, il ne peut plus rien nous arriver.

[sstitre]Bandung, Pangandaran et Green Canyon[/sstitre]
L’après midi qui suit, nous prenons un bus pour Bandung, une grande ville plutôt moche et nous la quittons le lendemain pour Pangandaran, une station balnéaire du sud de Java, où nous arrivons dans la soirée. La journée du lendemain est consacrée à l’étude de la glandouille. Nous réussissons cette épreuve haut la main. Après une séance de Bodyboard dans les vagues furieuses, nous décidons de nous bouger un peu les fesses par la suite. Pour cela, nous nous rendons dans un « tourist information» où nous rencontrons un couple de néo zélandais et deux écossaises qui veulent faire « green canyon» le lendemain. Nous sympathisons assez vite et nous joignons à eux pour cette excursion. Green Canyon, est, comme son nom l’indique, un canyon. C’est aussi une attraction touristique majeure du coin, et comme nous sommes encore pendant les vacances des indonésiens, le lieu est noir de monde. Nous attendons notre tour pendant deux heures, à quelques mètres d’un marchand de glaces qui attire les clients grâce à une mélodie qui tourne en boucle. Aujourd’hui encore, je pourrais vous la siffler tant elle a pénétré mon cerveau.

Après cette longue attente, nous embarquons dans une pirogue, et après un quart d’heure de navigation dans de jolis décors, nous arrivons à l’entrée du canyon. A cet endroit, c’est un embouteillage de pirogues. Pour rejoindre la rive, nous devons nous servir d’autres embarcations comme d’un pont, mais le jeu en vaut la chandelle, car le lieu est magnifique. Comme nous avons prévu les maillots de bain, nous rentrons dans l’eau presque chaude et verte émeraude, et remontons le courant de cette superbe formation naturelle. Un guide nous montre par où passer, où sauter, bref, nous passons un très bon moment.

A présent, nous avons vraiment sympathisé avec Mickael, Helen, Ondine et Stephanie. Nous décidons ensemble de ne pas en rester là, et nous programmons un tour de trois jours partant de Pangandaran le lendemain matin, à destination de Yogyakarta, en passant par Dieng Plateau, Borobudur et Pranbanan.

[sstitre]Dieng Plateau, Borobudur et Pranbanan[/sstitre]
C’est un tour de trois jours, et comme souvent pendant les tours, on passe la majorité de la journée dans la voiture. Ce véhicule, nous le louons à 6 avec le chauffeur et ce n’est pas trop cher. Nous arrivons en fin d’après-midi à Dieng Plateau et nous visitons dans la foulée un petit temple au coucher du soleil. La soirée passe, et nous nous faisons un petit Monopoly que Stephanie a pris pour le voyage. Le lendemain matin, on se lève à 4 h du matin, pour rejoindre un sommet du coin, dans le but de voir le lever de soleil sur les volcans. Un moment sympathique où nous ne sommes que tous les six. Nous passons la matinée qui suit à faire un tour du plateau et de ses cratères actifs. C’est pas mal, mais comme nous venons de voir les mêmes décors en Nouvelle Zélande, on ne peut pas dire que nous soyons ébahis devant ce spectacle. Commencerait-on à être blasés ?

La route se poursuit avec la visite de Borobudur, temple gigantesque, et de Pranbanan le lendemain matin. Nous arrivons le midi à Yogyakarta où notre tour se termine. Comme nous n’avons pas trop envie de nous séparer, nous programmons une soirée tous les six.

[sstitre]Yogyakarta[/sstitre]
Nous passons deux journées dans cette ville plutôt sympathique. La première après-midi, nous nous baladons dans les rues du quartier et craquons pour un Batik, une espèce de peinture sur toile. La seconde journée, il ne se passe pas grand chose. Nous visitons un peu les rues de la ville, et le soir, nous assistons avec Helen et Mickael au ballet folklorique Ramayana avec les ruines de Pranbanan en toile de fond. Après le spectacle, nous nous retrouvons tous les six pour un dernier verre avant que chacun ne continue de son côté.

[sstitre]Le Bromo[/sstitre]
Après ce petit tour dans le centre de Java, nous partons pour l’est de l’île afin de commencer à nous rapprocher de Bali. 11 heures de minibus plus tard, nous nous arrêtons au pied d’une montagne appelée le Bromo. Il paraît qu’il y a un joli lever de soleil à voir. Nous nous apercevons assez rapidement que toute l’organisation autour du Bromo est faite pour que le touriste crache un maximum de pognon. Déjà le minibus nous dépose à un hôtel loin de tout. Heureusement, pendant le trajet, nous avons sympathisé avec Hakim, un belge qui accepte de nous laisser dormir dans sa chambre. Pour monter voir le lever de soleil, il y a deux solutions. La première consiste à prendre une jeep qui monte au point de vue. Bon c’est vrai que cette solution est tentante, car peu fatiguante, et en plus elle est recommandée par les organisateurs, mais c’est très cher. L’autre solution consiste à prendre ses chaussures de rando, et à se faire par soi-même les 3 heures de marche de montée. Cette solution est évidemment déconseillée par les organisateurs car trop difficile et surtout gratuite. Donc c’est évidemment celle-là que nous choisissons.

Nous nous levons vers 1h10 et partons à 1h30. Dans la nuit, nous assistons à quelque chose d’étrange. Alors que notre chemin surplombe le gigantesque cratère éclairé par la lune, nous voyons au fond, une chenille de lumière qui progresse lentement. Cette chenille est composée par des dizaines et des dizaines de jeeps de touristes dont nous ne voyons que les phares. Nous marchons à flanc de montagne jusqu’au point de vue où nous arrivons un peu avant 5h. Nous étions quasi seuls dans la nature à randonner, et là, c’est le drame. Des dizaines de vendeurs veulent nous louer des pulls, d’autres veulent nous faire payer la moto pour les 200 derniers mètres qui restent à marcher. Nous arrivons là haut, en même temps que les 500 touristes qui ont pris la jeep. Heureusement pour nous, la majorité des touristes n’ont pas compris ce qu’il fallait voir, et ils se pressent tous du côté où l’on voit directement le soleil, alors qu’en fait, l’intérêt est de voir son reflet orangé sur les parois des volcans, qui sont visibles depuis l’autre côté de la plateforme. Nous trouvons une petite place au bord de la barrière pour pouvoir voir le spectacle. Et c’est peu de temps après que le soleil commence à se lever. Pour certaines personnes, comme ces deux parisiens qui parlent de leur boulot , le spectacle est un passage obligé où il faut prendre une photo qu’on regardera plus tard sur l’écran de l’ordinateur. Mais pour nous, c’est juste le plus beau lever de soleil du monde. Mais du monde, il y en a. et c’est Hakim qui a trouvé la bonne solution: écouter de la musique à fond avec le baladeur, pour s’évader et ne pas entendre le bruit ambiant.

[sstitre]La fin de Java[/sstitre]
Quand le soleil est plus haut dans le ciel, nous passons trois heures à redescendre à l’hôtel pour récupérer nos bagages. Nous disons au revoir à Hakim, et passons notre journée à prendre des bus qui vont nous mener le soir même à Bondowoso. C’est une petite ville à l’est de Java qui a pour intérêt d’être le point d’accès au volcan Kawa Ijen. Mais nous nous apercevons sur place que c’est très cher d’accéder à ce volcan, pour nous c’est même complètement hors budget. Nous nous calons dans le super hôtel que nous avons trouvé et qui ne coûte pas cher au moins lui. Nous restons une journée à regarder des films et à profiter de la piscine, et le lendemain, nous reprenons un bus pour nous rendre au Ferry qui nous mène à Bali.

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